Auto-entrepreneur au Maroc en 2026 : statut, plafonds, impôts et déclaration

Rédigé le 01/11/2026

Auto-entrepreneur au Maroc en 2026 : plafonds de 200 000 et 500 000 DH, impôt de 0,5 % ou 1 %, règle des 80 000 DH, inscription et déclarations.

En bref

  • Le statut d’auto-entrepreneur au Maroc permet d’exercer seul une activité commerciale, artisanale ou de services avec un impôt libératoire de 0,5 % ou 1 % du chiffre d’affaires encaissé.
  • Les plafonds annuels sont de 500 000 DH pour le commerce, l’industrie et l’artisanat, et de 200 000 DH pour les services.
  • Au-delà de 80 000 DH par an facturés à un même client, la part qui dépasse est soumise à une retenue à la source de 30 % opérée par ce client.
  • L’inscription se fait en ligne puis auprès de Barid Al-Maghrib ; les déclarations sont mensuelles ou trimestrielles.

« Auto-entrepreneur » est l’une des questions les plus posées par ceux qui veulent se lancer au Maroc. Ce statut simplifié est idéal pour tester une activité, compléter un revenu ou démarrer une activité de conseil. Mais il a des limites précises qu’il faut connaître avant de signer son premier client. Voici l’essentiel pour 2026, à partir du guide fiscal publié par la DGI.

Qu’est-ce que le statut d’auto-entrepreneur au Maroc ?

Le régime de l’auto-entrepreneur, créé par la loi 114-13, s’adresse aux personnes physiques qui exercent seules une activité industrielle, commerciale, artisanale ou de prestation de services. Il offre trois avantages principaux :

  • un impôt simple, calculé sur le chiffre d’affaires réellement encaissé, sans comptabilité complexe ;
  • une couverture sociale (CNSS/AMO), dont l’adhésion est une condition du statut ;
  • une exonération de taxe professionnelle pendant cinq ans à compter du début d’activité.

Le statut ne convient pas à toutes les activités : les professions réglementées (avocats, médecins, architectes, experts-comptables…) et une liste d’activités fixée par décret en sont exclues, de même que l’import-export de marchandises.

Plafonds et impôt en 2026

ActivitéPlafond annuel encaisséImpôt libératoire
Commerce, industrie, artisanat500 000 DH0,5 % du chiffre d’affaires
Prestations de services200 000 DH1 % du chiffre d’affaires

Deux règles à retenir :

  • Dépassement des plafonds : le régime reste applicable tant que les limites ne sont pas dépassées deux années consécutives. Après deux ans de dépassement, vous basculez vers un régime de droit commun à partir du 1er janvier suivant.
  • Règle du client unique : pour les prestataires de services, au-delà de 80 000 DH par an facturés à un même client, ce client doit opérer une retenue à la source de 30 % sur la part excédentaire. Ce seuil s’applique en plus du plafond de 200 000 DH. Si votre activité dépend d’un ou deux gros clients, le statut devient vite pénalisant.

L’auto-entrepreneur est par ailleurs hors du champ de la TVA : il ne la facture pas et ne la récupère pas.

Comment s’inscrire au registre national de l’auto-entrepreneur

  1. Préinscription en ligne sur le portail officiel de l’auto-entrepreneur : création d’un compte, choix de l’activité, téléversement de la CIN, d’une photo et d’un justificatif d’adresse.
  2. Validation chez Barid Al-Maghrib : rendez-vous dans une agence avec le formulaire signé et les originaux.
  3. Réception de vos identifiants : numéro au registre national (RNAE), identifiant fiscal, ICE et carte d’auto-entrepreneur.

Conditions générales : être majeur, résider fiscalement au Maroc et ne pas être inscrit au registre du commerce pour la même activité. Les fonctionnaires sont exclus ; vérifiez votre situation sur le portail avant de vous lancer.

Déclarer et payer : le rythme à tenir

  • Déclaration mensuelle : avant la fin du mois qui suit l’encaissement ;
  • ou déclaration trimestrielle : avant la fin du mois qui suit le trimestre.

La déclaration et le paiement se font en ligne ou via Barid Al-Maghrib. Attention : ne rien déclarer, déclarer un chiffre d’affaires nul à partir de la deuxième année, ou ne pas payer ses cotisations sociales et fiscales pendant un an peut entraîner la radiation du registre. Les cotisations CNSS/AMO sont trimestrielles et dépendent de votre tranche de revenu : consultez le barème à jour sur le site de la CNSS.

Auto-entrepreneur ou SARL : quand changer de statut ?

Le statut d’auto-entrepreneur est un excellent point de départ, mais il atteint ses limites quand :

  • votre chiffre d’affaires approche les plafonds ;
  • un client important dépasse 80 000 DH par an ;
  • vous voulez recruter, vous associer ou rassurer de grands comptes et des banques ;
  • vous devez récupérer la TVA sur des investissements importants.

Dans ces cas, la SARL (ou SARL AU si vous êtes seul) devient plus adaptée. Nous détaillons les étapes, les coûts et la fiscalité dans notre guide SARL au Maroc : création, capital et coûts. Pour structurer vos premiers pas, lisez aussi du freelance au chef d’entreprise : guide de transition.

Questions fréquentes

Quel est le plafond de l’auto-entrepreneur au Maroc en 2026 ?

500 000 DH de chiffre d’affaires annuel encaissé pour le commerce, l’industrie et l’artisanat, et 200 000 DH pour les prestations de services.

Combien paie un auto-entrepreneur d’impôt au Maroc ?

Un impôt libératoire de 0,5 % du chiffre d’affaires encaissé pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et de 1 % pour les services, auquel s’ajoutent les cotisations sociales.

Que se passe-t-il au-delà de 80 000 DH avec un même client ?

Pour un prestataire de services, la part du chiffre d’affaires annuel réalisée avec un même client au-delà de 80 000 DH est soumise à une retenue à la source de 30 %, opérée par le client.

Un auto-entrepreneur facture-t-il la TVA ?

Non. L’auto-entrepreneur est hors du champ de la TVA : il ne la facture pas et ne peut pas la récupérer.

Passer à l’action : vous hésitez entre auto-entrepreneur et société, ou vous voulez structurer votre croissance dès le départ ? Faites le point avec notre diagnostic PME gratuit.

Sources : guide fiscal de l’auto-entrepreneur publié par la DGI (2026), résumé par Le Matin ; portail officiel de l’auto-entrepreneur. Cet article est informatif : vérifiez votre situation auprès de la DGI ou d’un expert-comptable.